Il faut un début à tout. Je n'ai pas envie de commencer par la présentation habituelle, classique du "qui suis je". Peu importe. Et puis je ne sais même plus trop moi même qui je suis aujourd'hui alors à quoi bon...
Je commencerai donc simplement par le début de cette nouvelle vie, de celle que je tente de mettre en place.
Du plus loin que je m'en souvienne, j'ai toujours eu des envies d'ailleurs. Oui un peu comme tout le monde me dira t on. Mais finalement surement un peu plus que la normale. Pendant des années j'ai pourtant vécu autrement, comme tout le monde, comme on l'attendait de moi. J'ai fait des études, j'ai vécu une longue (et destructrice) histoire de 10 ans, je suis allée déjeuner tous les dimanches chez mes parents, j'ai trouvé un vrai travail sérieux, je me suis bien gardé de dire quand ça n'allait pas pour ne pas déranger et j'ai continué de sourire.
Mais je ne suis jamais vraiment rentrée dans le moule. Je n'ai pas trouvé ce garçon parfait que mes parents espéraient, je n'ai pas eu de grand et beau mariage, et je n'ai pas eu ce magnifique enfant blond qui aurait fini de compléter la pub "Ricoré".
Au lieu de tout ça, un jour je me suis écroulée. Totalement effondrée. Cette petite vie presque normale que je tentais de construire s'est tout bonnement envolée.
J'ai pleuré, j'ai arrêté de manger, j'ai trop fumé et trop bu, j'ai pris des tas de cachets pour aller mieux, j'ai raconté ma vie à des inconnus allongée sur un divan. Et je me suis relevée. Mais oui, forcément, j'ai changé.
Depuis ce moment, j'ai construis doucement mais surement, une sorte de mur invisible autour de moi. Je suis devenue plus froide, plus distante, moins sensible. Et surtout plus égoiste. Il m'a fallu du temps pour réaliser que mon bien-être ne dépendait que de moi, que personne mieux que moi ne pouvait savoir ce qui me convenait. Mais on ne change pas totalement du jour au lendemain, et mon éternelle culpabilité à l'idée de décevoir mes proches m'a longtemps empêché de faire réellement ce que je voulais.
Aujourd'hui j'ai enfin pris les choses, ma vie en fait, en main. Je prends des risques pour certains, mais j'envoi valser les convenances et la sécurité pour enfin vivre un peu "à ma façon". Cette nouvelle vie me fait quitter la terre, prendre la mer, découvrir d'autres rivages, d'autres visages... Je viens de passer plus de 2 mois sur un bateau, un gros, et j'ai demandé à repartir. Vite. Loin. Je dois avoir la réponse définitive d'ici une dizaine de jours. Et je ne pense qu'à ça.
Beaucoup disent que ce départ est une fuite, une tentative désespérée d'échapper à des fantômes qui me hantent, que je pars pour ne pas affronter mes peurs, pour ne pas me créer de nouvelles attaches trop fortes. Et ils ont probablement raison. C'est la seule arme que j'ai trouvé contre la routine, contre des histoires qui finissent toujours par me broyer, contre des sentiments que je ne sais plus et ne veux plus gérer.
Alors j'attends ce sésame comme une magnifique roue de secours. Laissez moi fuir.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire